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Expédition Long Way Home Africa 2010

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C’est au matin du 8 décembre 2010 que le petit groupe de GSistes prend un départ discret et sans fanfare, pour un incroyable itinéraire de 18.000 kms à travers l’Afrique et son histoire, de Cape Town à Tunis… Long et semé d’embuches sera le chemin qui va les mener jusqu’à leur demeure. Ce sont des gens ordinaires qui rentrent simplement à la maison ; c’est l’expédition du Long Way Home.

 

Eric organise d’habitude des expéditions à titre personnel ou pour des objectifs d’images. Pour la première fois, une expédition imaginée comme un voyage de reconnaissance transcontinentale est devenue un voyage préparé pour un petit groupe « clients ».

C’est un groupe de 8 motards en R1200 GS, qui prend alors le départ, accompagné de Popeye et Sherpa, véhicules d’assistance technique et logistique, habilement menés tout au long de cette aventure grâce à ses pilotes expérimentés.
Ils traversent successivement plusieurs pays, en passant par l’Afrique du Sud, Namibie, Zambie, Malawi, Tanzanie, Kenya, Ethiopie, Soudan, Egypte, Lybie et enfin la Tunisie.

Cet itinéraire les pousse au-delà des préjugés, loin des clichés, des mauvaises informations véhiculées par les médias, au regard du Soudan ou encore de la Lybie. Ils ont aussi le privilège d’être témoin de l’histoire en marche face aux convulsions de certains pays traversés, surtout lors de leur passage au Caire, en pleine révolution…

À la rencontre des autres, à la rencontre de soi.

 

 

Flash-back 

Les GS sont lancées ! Premiers tours de roues, premières pistes ; les gars sont concentrés, attentifs, presque fébriles. Ils tracent le premier coup de crayon du dessin de leur rêve. Un trait sinueux qui remonte la silhouette légendaire du continent africain.

Le sentiment de liberté, d’évasion, envahit déjà chaque centimètre carré de leur corps.

 

 

L’Afrique de toutes les couleurs

Les paysages défilent : c’est somptueux !

L’Afrique s’habille tantôt dans son plus simple appareil, au détour de déserts et de sable d’une Afrique minérale, tantôt de parures exceptionnelles, au détour de champs et de collines d’une Afrique chlorophylle.

 

Les kilomètres sont avalés, lorsque le temps s’arrête : un troupeau d’une trentaine de girafes, suivies d’une petite centaine de zèbres traversent la route, non loin du parc Mikumi, en Tanzanie.

Le groupe de motards s’émerveille de toute cette faune, de ces images magiques à l’approche d’un groupe d’éléphants, des ces hippopotames impressionnants… Surprenant ! Ici, ce sont des bergers Gabras avec un troupeau de dromadaires géants !

 

 

Des sites extraordinaires

Ce voyage est marqué par des visites de sites fabuleux : les Chutes Victoria au Zambie, le Parc Ngorongoro et son cratère, interlude au cœur du pays Masaï à travers le Parc du Serengeti, l’imposant Kilimandjaro, en Tanzanie, l’apparition à l’horizon des pyramides de Méroé, la croisée des Nils Bleu et Blanc, au Soudan, les ruines de Leptis Magna, en Lybie…

 

 

Des étapes parfois difficiles

La végétation se joue ici des aires de princesse aux mille joyaux et là de sorcière aux mauvais tours.

Les obstacles se succèdent. Cette virée se transforme parfois en épreuve de trial GS non prévue. Et toujours ces mêmes marches de roches, cette caillasse, ces galets impraticables. Puis du sable, de la tôle ondulée…

« Nous testons le hors-piste ; le petit groupe évolue entre les herbes à chameaux, les épines et les zones de sable clair. C’est une nouvelle expérience fantastique de motard GS ! »

À l’arrivée des villes, c’est une véritable guerre routière à laquelle se livrent chaque jour les usagers locaux de la route. Doubler à l’aveuglette, forcer la priorité, dévaler à des allures folles, rouler à droite ou à gauche de façon intempestive avec des véhicules souvent à l’agonie et sur des routes défoncées… Ceci fait parti du quotidien de ces chauffeurs jouant les funambules sur le fil de leur vie. Les motards ne se réjouissent pas de ces passages obligés et restent sur le qui-vive.

 

 

Des passages de douanes et de police… parfois originaux

Les arrêts aux contrôles de douanes et de police successifs engendrent régulièrement les mêmes dialogues et les mêmes sourcils rehaussés de stupeur : « Mais qui êtes vous ? D’où venez-vous ? Et où allez-vous ? Mais vous êtes fou ! ». Souvent longs, généralement dans la bonne humeur, parfois dans la tension. Il faut être patient, avenant.. parfois rusé et se faire respecter. Certains sympathisent, d’autres leur mènent la vie dure. Mais nos acolytes n’entendent pas se laisser faire. C’est ainsi qu’Éric bloque un passage en couchant sa GS à terre à un barrage Egyptien, générant alors une cacophonie de klaxons de la masse attroupée derrière lui et qui, furieuse, attend !

Une autre fois encore, il sauve son permis d’entrée, compromis en raison de carnets ATA non reconnus en Libye,… en sortant son harmonica.

 

 

Une population chaleureuse et attachante

À leur passage, c’est toujours la même curiosité, la même effervescence de la population qui les prend d’assaut. Discussions, échanges amicaux, jeux, questionnements. Ils partagent en chemin la vie du peuple, invités chez l’habitant pour le thé ou sur les bancs d’une école pour une leçon de maths, puis d’anglais…

Le convoi vie au rythme de l’Afrique et de ses habitants.

De belles amitiés se créent au sein du groupe, mais aussi avec des aventuriers rencontrés à la croisée des chemins, avec des gens du peuple : « … Joseph, notre guide Samburu, pleure. En me serrant dans ses bras il me confie : ne m’oubliez pas s’il vous plait, car Joseph ne vous oubliera jamais !.. »

 

 

La solidarité est de mise

Face à une nature parfois hostile, l’entraide ici est présente. C’est un bidon de 5 litres donné au passage d’un camion en panne qui fera le bonheur de leurs occupants. « Leur bonheur à eux, est notre routine à nous ». Popeye prendra 3 jeunes malades qui doivent aller à Loyangalani, alors à 20 km de leur positionnement.

Le convoi offre son aide quand il le peut. Il en est largement récompensé.

Les habitants ici sont généreux et ouvrent leur porte sans aucune frontière. Malgré le peu de moyens, le propriétaire du seul BMW de la ville de Nairobi, démonte les boulons d’une de ces GS d’occasion pour une GS du groupe, dont les boulons de roue arrière avaient été perdus lors d’un crash.

 

Les pistes sont parfois difficiles à trouver, mais les GSistes peuvent compter sur un habitant sympathique qui devient alors leur guide d’un jour. « Les héros se sont les autres. Les aventuriers, ce sont eux ».

 

 

Des bivouacs de rêves et des logis chiches

Quitter le site de leur halte se révèle parfois difficile : « On y était bien. Confort minimaliste, un lit de paillasse, une douche froide sous les étoiles, une tablée dans la cour avec menu de patates oignons, électricité 2 heures par jour via le vieux générateur… Mais une hospitalité surréalistement naturelle, qui nous met à l’aise et qui nous rend heureux ».

Certains bivouac seront des souvenirs inoubliables : « J’obtiens l’autorisation de monter le bivouac au cœur de ces pyramides de Méroé, datant de 400 ans avant Jésus Christ. On est comme dans un rêve ! Pas un touriste ! Pas une voiture… Que des dromadaires et quelques bédouins. Ce bivouac est pour nous tous le plus beau et de loin, de tout ce qu’on a pu vivre à travers l’Afrique depuis Cape Town… La nuit sous les étoiles est hors du commun. Assaisonnée par une petite brise rafraichissante au terme d’une journée frôlant les 40°C. On dort tous à la belle étoile, couchés sur nos matelas à même le sol. That is life !… »

 

 

Une aventure humaine fabuleuse…

Sur cette piste C24 de Namibie, les motards s’en donnent à cœur joie : piste sinueuse, vallonnée, technique et gravillonneuse. Ils échangent leurs impressions, leurs techniques pour affiner leur pilotage, discutent de la moto idéale pour effectuer une telle transcontinentale, les détails qui peuvent faciliter la vie du motard voyageur.

… mais éprouvante… faire face aux doutes

Le groupe qui s’était soudé au début, bat peu à peu de l’aile. Des tensions se créent : « La partie n’aura pas été facile. Malgré tous le temps et l’énergie investis dans la préparation de cette expédition, je dois faire face à un échec, Nous sommes partis à 8 motards, nous rentrerons à 4… »

 

 

Une Afrique parfois difficile à regarder

Lors de ce long chemin vers la maison, l’Afrique les éblouit, leur ouvre les bras, leur fait du bien.. mais ils deviennent aussi les spectateurs d’un continent qui parfois souffre et subit des injustices : des richesses minières qui s’échappent vers de grandes puissances étrangères, des ressources pillées par la Chine contre des investissements de paille, sans aucune éthique, sans scrupule, sans morale… Discrètement.

Des injustices entre pays : « Moez, notre guide, est en effervescence. Le Consul Egyptien local refuse de lui donner un visa pour nous accompagner en Egypte. Les Egyptiens ont le droit de venir au Soudan sans visa, de devenir propriétaire, d’investir, sans être ennuyés. Mais les Soudanais et surtout les Nubiens doivent montrer patte blanche pour aller en Egypte. Je serre Moez fortement dans mes bras. Il ne peut venir, son visa lui a été refusé. Il est ému et dans ses yeux flotte une envie de pleurer ».

Des images frappantes défilent: « Une gamine de 6 ans porte son frère malade sur le dos… Le même âge que mon petit Lucas. Un autre Monde… Et pourtant la même planète ».

« L’Afrique est cruelle mais la vie ici est avant tout une survie. C’est déboussolant ».

 

 

Quand il faut rentrer pour de bon..

« Il y a un sentiment mitigé de tristesse de finir un rêve et de soulagement de retrouver notre environnement familier. L’Afrique nous a subjugués. Et cette grande aventure humaine fut le vrai pari de cette entreprise. Car traverser l’Afrique n’est pas le plus difficile; le vrai challenge est de la traverser ensemble. Et là, on se prend des claques. Voyager sans partager c’est comme conduire sans volant. Ca part dans tous les sens.  Voyager sans prendre soin des autres, de l’équipe ou de ceux qu’on rencontre, c’est s’enfermer dans le superflu. Le plaisir de l’individu passe toujours après l’épanouissement du groupe. Sinon le voyage meurt ». « Car c’est aussi l’objectif d’un tel voyage : s’améliorer par l’adversité et la connaissance… Et devenir meilleur ».

 

« On a rencontré des gens exceptionnels, croisés des super héros du quotidien discret, qui alimentent la magie de l’Afrique. Ce soir, nos fatigues et nos douleurs s’envolent avec le vent et nous exposent à l’essentiel : le bonheur de vivre ».

 

Il est bien difficile de résumer une traversée de l’Afrique en quelques mots.. en simples mots… Il faut la vivre, la sentir, l’écouter, la partager…  Plongez-vous dans cette aventure, en vivant chaque moment de cette courageuse équipe, sur le blog de Voyage du site T3

 

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