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François et sa R 80 GS

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François LEVERT
Moto : R 80 GS
Voyage : 1982 à 1988, 19 pays
Originaire : Lille
Metier : responsable de la sécurité d’Eurotunnel

 

François LEVERT promène sa grande carcasse autour du Monde dès qu’il le peut pour se ressourcer et oublier la pression de son job, en charge de la sécurité d’Eurotunnel. Il traverse le tunnel sous la manche entre 250 et 300 fois par an…. D’où son besoin d’évasion et de grands espaces… Sa première moto fut une Yamaha Ténéré comme tous les jeunes à l’époque qui rêvaient du Paris Dakar. Mais en 1985 il la revend pour des problèmes de fiabilité dus à un mauvais design du pot d’échappement et de surchauffe moteur.  En Décembre 1985, il reçoit à Arcueil Motors sa toute première GS, une R 80 GS qui faisait rire ses copains : “attention en passant par des passages étroits !.. Bah.. C’est une moto de vieux !..etc.. “ Mais il lui fallait une moto robuste, et en plus les voleurs préféraient les japonaises… Depuis il n’a cessé de parcourir les pistes du Monde avec sa GS .

 

GS- World: François, quelle est l’histoire de ta R80GS en quelques mots ?

François : Je l’ai achetée au printemps 1986 pour 39.072 francs à Arcueil Motors. Neuve. C’était mon rêve. Je ne suis pas motard, c’était ma première bécane, et je cherchais juste un outil pour me permettre de vivre mes envies de voyage.

 

GS- World: Et ces envies se sont traduites comment ?

François : Heu… par une série de voyages partagés en duo avec ma compagne, à travers 19 pays je crois :

* Juin 1986 : Allemagne, Autriche, Yougoslavie, Italie (5 000 kms)

* Septembre 1986 : Espagne, Portugal (4 000 kms)

* Juin 1987 : Canada (Colombie Britannique, Alberta, Quebec), Etats-Unis

(Washington, Idaho, Montana, Wyoming, South Dakota, Minesota, Wisconsin,

Michigan) (11 000 kms)

* Juillet 1988 : Allemagne, Autriche, Yougoslavie, Grèce, Turquie (8 000 kms)

* Juin 1989 : Finlande, Norvège, Suède (7 000 kms)

* Décembre 1990 : Italie, Tunisie, Algérie (5 000 kms)

* Juin 1991 : Etats-Unis (Californie, Nevada, Utah, Colorado,

Nouveau Mexique, Texas) (7 000 kms)

* Plus quelques pays en Europe…

 

GS- World: François, qu’est-ce qui a influencé tes voyages initialement ?

François : mon grand père maternel fut officier dans la marine marchande entre les deux guerres et m’a raconté ses escales. Je sais que cela a influencé mon destin. Mais mon premier voyage fut influencé par un copain motard qui était parti au Portugal. J’ai voulu le suivre.. A partir de là les voyages en GS se sont accumulés.

 

GS- World: Et pourquoi ce choix de la GS ?

François : Le choix de la G/S était évident. Nous étions tous portés par la vision d’aventure que sous entendait la fameuse course du Paris Dakar. J’avais la ferme intention d’aller  là où les touristes  n’allaient pas. Il me fallait donc une moto relativement polyvalente, qui pouvait soutenir de nombreux kilomètres sur les grandes routes, puis sur des petites routes avec ou sans asphalte. J’avais d’ailleurs hésité longuement entre la G/S et la ST. Le montant des assurances avait fait la différence et choisit pour moi. Je commençais donc en 1986 avec la G/S et l’assurance moto verte à 800 francs de l’époque !

 

GS- World: La GS a-t-elle reçu une préparation spécifique ?

François : la BMW R 80G/S d’origine ne disposait d’aucun équipement de base. Il fallait compléter avec des tas d’option. De ce fait le prix de base d’environ 36 000 F, (qui était déjà beaucoup plus élevé que la Ténéré à 24 000 F), devait se voir encore alourdir avec une chose toute simple : la béquille latérale ! Sur la moto de base, seule la béquille centrale équipait la moto. Donc première option retenue, la béquille latérale avec forcément les pare-cylindres puisque cette béquille venait se fixer sur les pare-cylindres. Autre option choisie, le compte-tour. Aucune préparation particulière sauf un changement de l’embrayage avant de partir dans le Sahara, (qui après démontage n’aurait pas du être échangé puisque dans un état impeccable à 75 000 km) et l’achat du réservoir 42 litres en Kevlar, acheté chez Arcueil Motors pour la modique somme de 3 500 F.

 

GS- World: Que représente ce concept de voyage en GS ?

François : Chaque voyage visait à découvrir une région particulière. Le but n’était pas l’accumulation de kilomètres mais de passer du temps dans un endroit que nous offre la terre. Le principe était alors très simple. Il fallait rallier le plus vite possible la destination et avec le plus de confort. Sur ce thème, mon amie adorait la 80G/S qui ne vibrait que très peu et dont la selle offrait une assise parfaite, si bien que mon amie avait pris l’habitude de dormir très régulièrement derrière moi pendant ces étapes de liaison …..  Arrivés sur place, les sites historiques ou naturels nous guidaient. Généralement nous partions pour 5 semaines de voyage, sans téléphone mobile et sans carte bleue!.. Nous partions avec des cartes routières précises possibles et si possible dans la langue du pays pour éviter toute incompréhension avec la population locale.

 

GS- World: Les meilleurs moments ?.. les pires ?..

François : Chaque départ me donnait une sensation de bien-être. Pendant 5 semaines, nous quittions le monde du travail et nous partions à la rencontre des populations locales. Je me souviens par exemple que mon amie et moi avons du boire 18 thés chacun dans un village turc perdu dans les montagnes, car chaque personne importante devait nous recevoir. Il n’y a pas eu de pire moment, mais des moments d’inquiétude !! Par exemple, un des voyages que nous avons faits aux Etats-Unis, était un voyage avec d’autres amis, en moto également. Nous cherchions un lieu d’hébergement dans un coin perdu de l’état de Washington quand dans la pénombre du soir pluvieux nous apercevons une des ces enseignes lumineuses typiques des USA indiquant à quelques kilomètres de là un hôtel. Nous partons voir si cet hôtel pouvait recevoir le nombre que nous étions et quand nous revenons sur la route, le reste de l’équipe avait disparu dans la nuit et sous la pluie….. Où étaient-ils ? Nous ne les avons retrouvés que 3 jours plus tard au parc de Yellowstone.

 

GS- World: Le plus beau site visité en GS ?

François : Je garde en mémoire une piste qui représente le meilleur du voyage. Une piste qui longe la mer de Marmara côté occidental, une piste difficile à trouver car la plupart du temps aucune indication nous permettait de nous diriger. Nous avions pour cela des cartes routières locales très précises. Cette piste avait été en partie tracée à flanc de falaises surplombant donc cette mer au bleu intense. La piste n’était pas vraiment entretenue et la vitesse moyenne très basse. Nous avons mis finalement deux jours pour faire cette piste car à mi chemin nous avons rencontré un couple de Marseillais avec un camping car qui avait réussi à rejoindre avec précaution un petit village turc. Les habitants avaient accepté ces français avec leur drôle de véhicule et ils passaient là une paire de semaine. L’homme partait se ravitailler en exerçant sa passion de la chasse sous-marine et troquait avec les villageois le résultat de sa pèche contre les tomates, des pommes de terre etc…Le monde était simple.

 

GS- World: La plus belle rencontre ?

François : La meilleure rencontre est celle des animaux sur les routes. Nous avons rencontré toute sorte d’animaux, des serpents jusqu’à un bison male, en passant par les rennes, les daims, une femelle caribou avec son petit, des aigles, des coyotes, des chamois, des dromadaires, des vaches turcs à poils longs inconnues pour nous, etc…

 

GS- World: Les pannes ?

François : Rien. A part la fameuse bobine d’allumage qui a arrêté de fonctionner correctement en dessous 3 000 tours/minute en plein milieu du Sahara. Les démarrages devaient donc être réalisés avec l’appui d’une batterie extérieure. Pas facile parfois de trouver un véhicule, mais quand nous en trouvions un, les propriétaires répondaient toujours présents.

 

GS- World: Vous avez des récits, des blogs ou des lectures préférées sur ces voyages ?

François : je suis plutôt sur des magazines allemands tels « Motorrad Abenteuer » qui représentent davantage mon idéal de voyageur, la moto n’étant que l’instrument. La parution de ROADTRIP, le nouveau magazine français sur les motards en voyage m’intéresse vivement et je lui souhaite une longue vie ! .

 

GS-World: Ton prochain voyage en GS ?

François : J’ai deux G/S ; ma R80 GS de 1986 et une R 1200 GS de 2007 avec laquelle j’ai participé à la fabuleuse aventure de T3 en Amérique du sud, le rallye “Gringo 2008“. Avec mon amie qui a également une R80 GS bleue de 1985, on voudrait rejoindre Yalta et Sébastopol dans un avenir assez proche. Et avec ma 1200 G/S je rêve d’aller en Afrique du Sud et Namibie  car je n’ai pas pu participer au GS Zulu de cette année à cause de mon boulot. Frustrant !..

 

Concessionnaire :  Europ Touring a Coquelles 62231 pour la 1200. Ma R80GS Vient d’Arcueil Motors qui n’est plus mais depuis que je suis a Calais, je la confie a un ancien mécano BMW du nom de Philippe passionné de vieilles GS

 

 

 

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