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Marie-Claire – F 650 GS (Twin)

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Moto : F650 GS Twin
Originaire : Bouches-du-Rhône
Métier : Comptable
Voyage : Portugal

 

Un nouveau départ
            Pour certains la moto est un mode de vie, pour d’autre elle est un challenge,… Pour Marie-Claire, ce fut une passerelle qui l’aida à traverser la rivière qui charrie le flot d’une vie parfois tourmentée. Au guidon de sa GS, Marie-Claire commença à tracer les courbes d’un voyage nouveau…

 

 

GS World : Comment t’es venu la passion de la moto ?

Marie-Claire : Personne, dans mon entourage proche ne faisait de moto. Au commencement, ce fut un défi ! Un collègue de travail venait de passer le permis, et pari pris, je m’engageais alors à en faire de même… comme ça, sur un coup de tête, sans même connaître le monde motard ou y avoir gouté. A cette époque, je faisais face à une situation charnière de ma vie, et j’avais besoin de changement… j’avais besoin de sentir que j’existe. Il me fallait quelque chose de « fort », à travers quoi je puisse me sentir valorisée. Le choix de la moto pris alors tout son sens. Peut-être alors allait-on s’intéresser un peu à moi, me regarder. Il me fallait prouver que j’avais du courage..

Et puis, la passion m’a « mordue ». Peu de temps après, je rencontrais Richard, mon compagnon, qui m’a beaucoup aidé dans mon apprentissage.

 

GS World : Qu’est-ce que l’univers de la moto représente pour toi ? Ton ressenti en roulant ?

Marie-Claire : L’Univers de la moto est un monde essentiellement masculin. Très vite, je fus victime de nombreuses railleries, et ce, dès mon apprentissage à l’auto-école. Cependant, ça ne m’a pas fait baisser les bras et je me suis battue. Aujourd’hui, quand je roule, je suis fière de moi.

 

GS World : Quand as-tu obtenu le sésame te permettant enfin de rouler légalement ? Des difficultés pour l’obtenir ? (Permis moto)

Marie-Claire : J’ai eu mon permis en Août 2008, j’avais alors 43 ans. J’y suis arrivé, mais ce fut long et laborieux ; j’étais libre de conduire et en possession du fameux sésame, plus d’un an après mon inscription initiale… Mon erreur fut de m’inscrire dans la même auto-école que mon collègue de travail, sans prendre la peine au préalable de me renseigner sur cette école. Et quelle ne fut pas ma peine,… puis ma colère.

Les 10 premières heures de cours se passèrent au guidon d’une 125 : il est vrai que je n’avais jamais fait de moto auparavant. Ensuite, je m’essayais enfin sur le 500 Honda. De mon côté, je m’étais acheté une 125 pour m’entraîner et parfaire ma conduite. Je l’utilisais au maximum, même l’hiver par des températures négatives (-6°).

Pendant ce temps là, à l’auto-école, j’en voyais passer du monde.. et moi, j’étais toujours là. Le moniteur, très peu à l’écoute, ne prenait pas le temps pour me guider, me conseiller, .. tout simplement pour m’éduquer à la conduite moto, raison pour laquelle j’étais là !

Mon compagnon finit par venir et c’est lui qui s’est occupé de moi !

Une petite anecdote : un jour, je n’arrivais pas à effectuer mon parcours lent. La leçon suivante, Richard m’accompagna et se rendit compte que les pneus étaient complètement dégonflés (moins d’1 kg).. Le moniteur ne s’en était jamais rendu compte et n’avait aucune idée de la pression préconisée..

Encore d’autres leçons.. puis le doute: allais-je obtenir ce permis un jour ? Richard aussi commença à douter. Aussi, on décida de partir en balade, lui avec mon fils sur sa moto et moi avec ma 125. Après plus de 350 kms dans le Verdon, parfaitement enchaînés, Richard fier de moi me lança : « Tu vois, la moto, c’est ça ».

Je repris mon dossier, m’inscrivis dans une autre auto-école sur Marseille ; 10h pour me familiariser avec la nouvelle moto et j’avais enfin mon permis : B / A / A / A, quelles jolies lettres !

 

GS World : Ta première moto ?

Marie-Claire : Ma Yamaha 125 SR pour apprendre à rouler, petite moto très sympa.

 

GS World : Ta première GS ?

Marie-Claire : Ma F650 GS Twin, qui fut par la même occasion ma première « vraie » moto (directement après la 125). Achetée d’occasion en région parisienne, via internet, sans même l’avoir vue avant, elle avait un peu plus 1000 Kms. Aujourd’hui elle en comptabilise quelques 30.000.

 

 

GS World : Pourquoi le choix de la GS ?

Marie-Claire : Mon choix fut purement « pratique ». Car pour être franche, je ne la trouvais pas très belle et elle coûtait « un bras ». Après avoir essayé plusieurs motos, toujours sur le même parcours pour un meilleur comparatif, la GS était sans aucun doute celle qui passait le mieux, avec laquelle j’étais le plus à l’aise, tant par la position de conduite que par sa facilité.

Je me suis faite à ses courbes, même si je n’aime toujours pas son bec de canard.. et puis elle est grise, j’aimerais la repeindre.

 

GS World : Quelle préparation sur la GS ? Et pourquoi?

Marie-Claire : Amortisseur arrière EMC plus court, pour rabaisser la moto, que je règle manuellement en fonction de mes lieux de déplacement. Une bulle de 800 GS pour une meilleure protection. Changement du pignon de sortie de boîte pour un pignon plus court (une dent de moins – un petit pignon donne plus d’accélération mais une vitesse finale plus faible car le moteur atteint son régime maximal plus tôt). Des pneus Dunlop TR 91.

 

GS World : As-tu eu des parents voyageurs ?

Marie-Claire : Non.

 

GS World : Ton influence de départ ? Ton inspiration pour ce voyage?

Marie-Claire : Je suis naturellement attirée par les pays chauds. Un collègue de travail avait été au Portugal et je me suis dit « pourquoi pas ».

Avec Richard, nous avions déjà été en Croatie, en Grèce, fait le tour de la France, mais tout ça en tant que passagère. Bien que lors de notre périple en France, je possédais mon permis, j’avais peur de ne pas être capable d’avaler tous les kilomètres. L’année suivante, à ma proposition de visiter le Portugal à moto, Richard accepta la destination sans contestation et prépara notre itinéraire comme il sait très bien (trop bien) le faire.

 

GS World : Quelle préparation pour le voyage ?

Marie-Claire : Mon objectif était d’aller jusqu’au bout, d’avaler chaque étape sans broncher. Nous avons opté pour un intercom afin de communiquer lors de notre progression. J’ai également investi dans des bottes d’été, un GPS (qui n’a pas fonctionné – je n’avais pas téléchargé la carte du Portugal.. si seulement on me l’avait indiqué !), et une révision de ma GS.

À part ça, pas de préparation spécifique. Je suis partie sereine car Richard est très organisé et cela me rassure beaucoup, m’aide à avancer. Les étapes, je les connaissais, il m’avait tout expliqué. Et puis la moto n’est pas fatigante ; si j’avais une Ducati, je ne l’aurais pas fait J.

 

 

GS World : Quels furent les meilleurs moments ?

Marie-Claire : La route dans le parc national de Gérès. Là-bas, j’ai roulé comme jamais. Le paysage invitait à aller de l’avant pour découvrir, au delà d’une colline au versant aride, un autre versant boisé cette fois, puis des vignes… ça montait, ça redescendait, le tout sous un soleil radieux.

D’habitude je roule derrière Richard, qui en me devançant, m’annonçe, via l’intercom, l’état des routes, les obstacles éventuels. Il me guide, me conseille sur mes trajectoires et ça me donne confiance. Grâce à lui, j’ai pu améliorer ma conduite. Ce jour là et à cet instant, je sui passée devant, et ai ouvert sur plusieurs kilomètres. Je me suis alors senti vraiment bien, en osmose avec ma GS.

 

GS World : Les pires moments ?

Marie-Claire : Notre passage à Fatima.

Fatima, c’est un peu « Lourdes » mais au Portugal. J’avais très envie de passer par là. Malgré notre GPS, nous nous sommes perdus et avons tourné en rond sur plusieurs kilomètres. Un ami nous accompagnait. Cet égarement fut à l’origine d’un clash et je suis partie. Ne sachant pas trop où aller (avec mon GPS qui ne marchait pas !), je me suis vite arrêtée et les ai rejoins à nouveau. La fâcherie passée, nous avons remis le cap sur Fatima que nous avons finalement réussi à trouver grâce aux indications des locaux.

 

GS World : Quel fut le plus bel endroit ?

Marie-Claire : Comme je l’expliquais plus haut, pour moi ce fut le parc de Gérès.

 

Presse : La meilleure rencontre ?

Marie-Claire : Ce fut le patron d’un restaurant. C’était notre première étape au Portugal et nous avions loué un petit appartement pour la nuit. Le soir, à la recherche d’un endroit où manger, nous tombons sur cet endroit, où les propriétaires élèvent eux-mêmes leurs bêtes, ce qui nous a attirés. Malgré la frontière de la langue, l’accueil fut tellement chaleureux que cela me toucha. On nous servit un plateau avec différentes spécialités, un régal. Et cet « accueil » me marqua d’ailleurs tout au long de notre séjour au Portugal.

 

GS World : Des pannes ? Des problèmes ?

Marie-Claire : Aucune panne. Le seul vrai problème à gérer était la tension nerveuse liée à la fatigue accumulée, les kilomètres.

 

GS World : As-tu des conseils pratiques à faire partager ? Un petit mot pour tes lecteurs ?

Marie-Claire : Bien choisir son auto-école, en allant voir comment ça se passe. Et aussi bien choisir sa moto : ça n’est pas juste une couleur ou une marque.

Le conseil pratique pour les filles. Bien préparer sa valise ! Pour ma part, je ne pars jamais sans mes accessoires : sèche-cheveux, une paire de talons, une trousse de toilette avec le maquillage nécessaire, et puis ensuite, tout est compté : tee-shirts, débardeurs, chaussettes.. Dans mon cas, destination pour les pays chauds oblige, car je n’ai plus de place s’il fallait en plus rajouter des pulls et autres vêtements chauds !

Et puis avoir un compartiment vide ; je garde mon top case vide afin de mettre mon casque, blouson pour ne pas être encombrée lors de nos haltes.

 

GS World : As-tu des productions à promouvoir ?

Marie-Claire :

 

GS World : Quels sont les projets futurs au guidon de ta GS ?

Marie-Claire : Je ne sais pas encore. Je suis déjà allée en Grèce en passagère ; j’y retournerais bien. Et pourquoi pas le Nord de l’Italie, l’Irlande ou l’Écosse.

 

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