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Évelyne – R 1200 GS

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Moto : R1200 GS de 2004
Originaire : Belgique
Métier : Assistante vétérinaire
Voyage : Grèce (Aller : Croatie / Monténégro / Albanie –  Retour : Italie / Sardaigne / Corse)
 
“Tantine” ou LA GirlS par excellence.
Baroudeuse née, Évelyne fait ses débuts en moto trial, activité peu à peu mise de côté par les choses de la vie… Puis, elle se retrouve presque du jour au lendemain au guidon d’une R1200 GS, puisque lors de l’obtention de son permis voiture de l’époque le permis moto était “donné avec”, en Belgique – une aubaine! Dès lors, elle ne quitte plus sa compagne de tous les jours et la dompte sacrément bien! Amis GSistes, en selle!
 

GS World : Comment tʼes venu la passion de la moto ?

Évelyne : J’ai fait du trial entre 19 et 21 ans, puis plus rien cause du boulot, de la famille. A 45 ans, après la pratique des sports comme le parachutisme ou la plongée, je cherchais une activité qui me permette de sortir des sentiers battus, tout en me permettant de voir le monde sur le mode « baroudeur ». Mon mari s’est remis à la moto sur une Ducati, puis une K 1200R…et j’ai suivi le mouvement, mais directement sur une 1200 GS.

 

GS World : Qu’est-ce que l’univers de la moto représente pour toi ? Ton ressenti en roulant ?

Évelyne : C’est clair : ce n’est pas l’univers de la MOTO, mais bien celui de la GS qui me fascine. Très jeune, je suivais les courses de moto cross, d’enduro (période Joël Robert…je vous parle d’un temps…hihi…), ensuite l’aventure des Paris-Dakar que je suivais avec intérêt (Gaston Rahier) et, comme pour beaucoup d’amateurs de GS, mon amour de cette moto est né à cette époque là, mais de loin, en simple spectatrice, comme si le rêve de piloter ce genre de moto était intouchable. Sur la route des vacances, c’étaient ces motards là qui me faisaient rêver, et non les cuirs bariolés sur des sportives. Je suis une pure fashion victime de l’image de la grosse trail chargée comme un mulet, avec des sangles et des bidons de réserves, la tente, le sac de couchage, et un pilote prêt à rouler par tous les temps, qui semble partir pour le bout du monde. A tel point que le jour où je me suis vue, pendant 1000 bornes de pluie battante,  piloter ma « Berta » chargée jusque dans les Dolomites, j’en avais les larmes aux yeux de jubilation : «  ça y est, Evelyne…le baroudeur de tes rêves, maintenant, c’est toi. Sur l’horizon, la silhouette de l’autre GS, c’est ton mec et la terre vous attend»…(rires)…c’est idiot, mais c’est juste ça mon rêve éveillé.

Ce sentiment ne fait que s’amplifier au fur et à mesure des voyages, toujours plus loin, plus audacieux, mais aussi de l’assurance que l’expérience m’apporte gentiment. Chaque voyage ouvre de nouvelles portes au « possible ».

 

GS World : Quand as-tu obtenu le sésame te permettant enfin de rouler légalement ? Des difficultés pour l’obtenir ?

Évelyne : Hahaha…je suis trop vieille pour avoir connu le permis moto. Mon permis de 1980 était déjà un sésame. Ceci dit, quand j’ai repris la moto, après 20 années d’interruption, je n’en menais pas large sur ma GS…alors j’ai suivi des stages de perfectionnement pour me remettre en confiance.

 

GS World : Ta première moto ?

Évelyne : Yamaha TY 250 (trial).

 

GS World : Ta première GS ?

Évelyne : R1200 GS de 2004, achetée d’occas’ en 2009.

 

 

GS World : Pourquoi le choix de la GS ?

Évelyne : Pour les raisons évoquées plus haut : c’était elle ou rien. Mon mari a essayé de me faire reprendre la moto sur du plus petit…mais c’était hors de question. Je lui ai dit « OK, tu m’a remis sur un scooter en Corse pour me redonner le virus, mais je te préviens, en rentrant, c’est une 1200 GS que je chercherai, et rien d’autre …et ce sera pour bouffer du kilomètre comme t’as pas idée… » . Par la suite, il a aussi opté pour une 1200GS et je pense qu’il s’en réjouit encore aujourd’hui !

Concrètement : c’est LA moto du voyage, docile et fiable, elle passe partout, emportant son passager et ses bagages jusqu’au bout du monde…et finalement, elle est si facile à piloter !

 

GS World : Quelle préparation sur la GS ? Et pourquoi?

Évelyne : Quelques transformations pour adapter à la conduite TT (cale pieds, protections diverses, sabot moteur,..) + bulle GSA pour le confort + valises alu : pour le voyage et le look…et un Akrapovic pour le plaisir.

 

GS World: As-tu eu des parents voyageurs ?

Évelyne : Oui, mais uniquement en voiture, tendance explorateurs/camping sauvage quand c’était encore autorisé. Ils étaient des inconditionnels du camping itinérant, un peu bohème.

 

GS World : Ton influence de départ ? Ton inspiration pour ce voyage?

Évelyne : Les récits des autres voyageurs. Le fait que l’Albanie soit décrite comme « difficile ou dangereuse » était suffisant pour qu’on ait envie d’y aller. Choisir la Grèce, c’était un peu le prétexte pour aller loin en passant par des pays comme la Serbie, le Monténégro.

J’ai aussi suivi de prêt et beaucoup apprécié le TDM (Tour de Méditerranée). L’envie d’offrir à nos machines un voyage à leur mesure.

 

GS World : Quelle préparation pour le voyage ?

Évelyne : Pas de réel itinéraire, mais des points d’intérêt sur une carte et plein de références de visite/logement à utiliser en cours de route, selon besoins. La préparation consiste essentiellement, sur base d’un tracé sommaire, à aller chercher les bons plans au travers des récits d’autres voyageurs (forum GSFR , une mine d’or + des blogs de motards ou même randonneurs). Pour le matos, c’est la partie de mon mari : pas mal de pièces de rechange et d’outils pour rester le plus autonomes possible. Matos de camping et s’habituer à partir avec peu de choses est devenu une vraie source de bonheur : moins on s’encombre, plus on vit l’essentiel.

 

GS World: Quels furent les meilleurs moments ?

Évelyne : Sortir ma moto chargée du garage au petit matin, quand il fait encore noir , en sachant que je pars pour un mois, et qu’il y aura beaucoup de km…comme si on allait dessiner sur une carte d’Europe….c’est déjà le bonheur !

Passer d’un type de conduite à l’autre à chaque passage de frontière c’est-à-dire observer, comprendre, s’adapter :  la rigueur en l’Allemagne, l’esprit jouette en Italie, le contrôle en Croatie, la liberté au Monténégro, la débrouillardise acrobatique en Albanie…

Passer à des endroits peu fréquentés par les touristes (arrière pays croate, Bosnie, Monténégro) et puis surtout l’Albanie, pleine de contrastes, un vrai baptême , un grand apprentissage de conduite sur toutes surfaces…et les premières pistes. On rêve d’y retourner plus longuement.

 

GS World : Les pires moments ?

Évelyne : Souvent les mêmes que les meilleurs, mais sur le moment, on ne le sait pas toujours. Disons que ce que j’ai le moins aimé, c’est le pilotage en Grèce, sur les routes de montagne fréquentées par les camions assassins…de la folie !

 

GS World : Quel fut le plus bel endroit ?

Évelyne : La baie de Kotor au Monténégro, le Sud de l’Albanie.

 

 

GS World : La meilleure rencontre ?

Évelyne : Yani, un Grec de 95 ans, à moitié édenté, qui a insisté fièrement pour qu’on s’installe à sa table alors qu’on cherchait un endroit où se réhydrater en pleine région agricole, entre les Météores et le Péloponnèse. Sans langage commun, on ne comprenait rien, lui non plus. Il était curieux de savoir d’où on venait, on a montré sur une carte, parlé avec les mains, beaucoup ri. Il voulait qu’on reste et qu’on loge chez lui…il avait des étoiles dans les yeux, un sourire de gamin.. on a parfois les larmes aux yeux quand on repense à cette rencontre…une parmi tant d’autres.

Robert, voyageur hollandais, en vadrouille depuis 3 ans sur une vieille BMW. Un personnage atypique avec qui on a pas mal philosophé et qui nous a incité avec passion à explorer la Turquie.

 

GS World : Des pannes ? Des problèmes ?

Évelyne : Une petite chute sur tarmac très glissant en Albanie. Une panne de batterie à cause d’arrêts moteurs trop fréquents sans couper le contact…le tout sur 8000 km.

 

GS World : As-tu des conseils pratiques à partager ? Un petit mot pour les lecteurs ?

Évelyne : Ne pas laisser ses rêves au placard. Oser. Profiter au maximum de l’expérience et des conseils de motards plus aguerris. Savoir oublier le GPS et naviguer avec des cartes. Prendre le temps de s’arrêter pour voir un paysage ou rencontrer les autochtones. Voyager à 2, 3 ou 4…mais pas plus, au risque de rater de belles rencontres sur le terrain. Partager ses trésors au retour et ne pas attendre pour préparer le voyage suivant.

 

GS World : As-tu des productions à promouvoir ?

Évelyne : Un petit groupe de doux dingues en GS, sur Facebook  « les GSistes »

 

GS World : Quels sont les projets futurs au guidon de ta GS ?

Évelyne : Stage enduro 2 jours chez BMW à Hechlingen en avril – plein de WE avec des potes en France, Luxembourg, Allemagne – la traditionnelle semaine de virolos en mai, là où la météo le permettra (Jura ? Massif central ?) et tout le mois de juillet pour la Turquie (route de la soie – Anatolie – quelques régions côtières), de nouveau par l’Albanie, la Grèce, mais avec beaucoup plus de pistes cette fois.

A long terme, quelque chose vers l’Asie sur une plus longue période, ou pourquoi pas l’Afrique ?

 

GS World : Envie de nous en dire plus ?

Évelyne : Un grand bravo pour toutes les femmes passagères, qui accompagnent leur mari, leur copain et leur permettent ainsi de vivre leur passion tout en  partageant l’aventure.

Un petit UP pour les femmes qui n’osent pas passer le cap du pilotage : ce n’est pas plus compliqué pour une femme que pour un homme…il suffit d’oser et de pratiquer un maximum pour gagner en expérience.

La vie est belle en GS !

 

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